Suite à l’interdiction d’utilisation des pesticides, les copropriétés qui disposent d’espaces verts vont certainement voir leurs charges de copropriété augmenter prochainement. Dans ce cas, quelles sont les techniques à adopter afin de maîtriser au mieux les charges ?

C’est quoi l’objectif zéro pesticide ?

Afin de préserver au mieux l’environnement et la santé, la loi Labbé interdit l’usage de produits phytosanitaires comme le glyphosate dans le cadre de l’entretien des espaces verts, accessibles ou ouverts au public.

Depuis le 1er janvier 2019, l’interdiction s’étend aux particuliers et donc pour les copropriétaires.

Toutefois, les prestataires ont encore la possibilité d’écouler les stocks qu’ils ont constitués avant cette date. Mais la vente de pesticides chimique de synthèse est désormais interdite aux particuliers. A noter toutefois que les produits de biocontrôle et ceux utilisables en agriculture biologique ne sont pas concernés par cette loi.

Le maintien des espaces verts nécessitera le double, voire le triple en matière d’efforts, puisque les méthodes de substitution au glyphosate s’appuient principalement sur le travail manuel, comme le désherbage à la main, le désherbage éco-responsable ou le désherbage thermique, qui doit être réalisé régulièrement et plus fréquemment.

Bien que ces méthodes soient onéreuses et peuvent peser sur les charges de copropriété, elles préservent la santé et l’environnement.

Sur les copropriétés accompagnées en 2019, les coûts d’entretien des espaces verts ont en moyenne doublé ! Cette augmentation peut même être multipliée par quatre en fonction du niveau de service et des prestataires consultés. Plusieurs techniques sont mises en place afin d’optimiser ces charges. En voici les 3 principaux moyens d’y arriver.

Réduction des besoins en entretien

Pour pouvoir réduire les besoins en entretien, le choix des variétés de plantes doit être stratégique. Par exemple, il vaut mieux privilégier les plantes vivaces qui se renouvellent d’elles-mêmes et qui ne nécessitent pas autant d’efforts et de coûts d’entretien que celles à re-planter annuellement.

L’utilisation de paillage au pied des arbres et des massifs permet aussi de maintenir la terre à une humidité constante, évitant ainsi la repousse d’herbes invasives. De plus, ce paillage se décompose en 2-3 ans et enrichit la terre comme un tapis de feuilles en forêt.

En effet, le paillage naturel, organique ou minéral empêche la repousse des herbes indésirables, garde le sol humide et frais, et économise l’eau d’arrosage, ce qui permettra de réduire les fréquences d’entretien, et donc le coût qui y est lié.

Mise en concurrence des contrats d’entretien des paysagistes

Il est important de mettre régulièrement en concurrence vos contrats d’entretien d’espaces verts, d’autant qu’à la suite de ce nouveau cadre juridique, le marché est en pleine structuration.

Faute de temps ou d’expertise nécessaire pour l’évaluation de ces offres, de nombreuses sociétés spécialisées dans le domaine se chargent de cette mission en intégralité. Que ce soit pour analyser les contrats de la copropriété, rédiger le cahier des charges, lancer l’appel d’offres auprès des paysagistes recommandés, négocier les propositions reçues et présenter les économies potentielles aux membres du conseil syndical…

Conception durable des espaces verts

Certaines copropriétés ont opté pour le jardin à l’anglaise, avec un agencement et des formes irrégulières. Le retour au naturel nous pousse instinctivement à privilégier un style de jardin moins sophistiqué, à l’aspect plus sauvage. Et le jardin anglais en est la parfaite représentation, car il laisse la nature reprendre le dessus.

À l’opposé du jardin à la française aussi bien esthétiquement que symboliquement, le jardin à l’anglaise est une option respectueuse de l’environnement et du portefeuille, puisqu’il permet d’espacer les fréquences de passage et de laisser le rythme naturel prendre le dessus.

Pour les copropriétés neuves, il est indispensable d’intégrer cette conception durable en amont des projets de construction.

Ces dernières pourront être conçues de façon intelligente pour privilégier la biodiversité, tout en maîtrisant les charges : par exemple en évitant les grandes cours ainsi que les jardins de nature exigeante en matière d’entretien.

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